Apocalyptica - Worlds Collide
Note : 7.5 /10

Tracklist:

 

01. Worlds Collide
02. Grace
03. I’m Not Jesus
04. Ion
05. Helden
06. Stroke
07. Last Hope
08. I Don’t Care
09. Burn
10. S.O.S. (Anything But Love)
11. Peace
12. Urual
13. Dreamer

La constellation du Métal n’est sans doute pas la plus grande de part sa masse, mais elle est sans doute la plus grande de part sa variété et son originalité. Et elle ne cesse de nous surprendre aux détours de groupes atypiques. Pour preuve voici Apocalyptica.
Voilà quatre Finlandais qui, il y a plus de dix ans, ont fait leurs gammes à la Sibelius Académie de Helsinki, l'unique école supérieure de musique en Finlande. Et qui, à la même époque, ont eu l’idée originale d’employer le savoir qui leur a été enseigné pour jouer des reprises de Metallica et de Slayer avec des violoncelles. Apocalyptica est né.
Dans leurs compositions exclusivement instrumentales, sans chant, les violoncelles sont les instruments centraux, que les cordes soient frottés ou pincées. Les autres instruments présents servant à l’accompagnement. Avec les derniers albums d’Apocalyptica, une autre particularité est apparue. C’est la collaboration ponctuelle de chanteurs ou de musiciens exerçant dans d’autres formations. Ainsi, dans cet album, on retrouve Corey Taylor de Stone Sour (et Slipknot), Cristina Scabbia de Lacuna Coil, Adam Gontier de Three Days of Grace ou encore Till Lindemann de Rammstein qui ont prêtés tour à tour leur voix sur un titre de l’album. La participation de Till Lindemann est un petit clin d’œil à l’époque où Apocalyptica faisait la première partie de la tournée « Reise,Reise » de Rammstein. La boucle et bouclée. A noter également, sur un titre, la présence de Dave Lombardo, batteur charismatique de Slayer et le guitariste Tomoyasu Hotei, auteur du Battle Without Honour or Humanity, pièce incontournable de la BO de Kill Bill, qui évoque à tout jamais l’entrée de O-Ren Ishii et du gang du Crazy 88 dans le House of Blue Leaves…

Même si les précédents albums nous ont habitués au style d’Apocalyptica, la première écoute d’un nouvel album du groupe s’avère toujours quelque peu déroutante. L’album étant majoritairement constitué de morceaux exclusivement instrumentaux, il faut se réhabituer à cette musique sans chant qui peut sembler trop dépouillée et monotone au premier abord. Les morceaux accompagnés de chant, minoritaires, facilitent l’approche de l’album. Si bien que la première impression se dissipe rapidement lors des écoutes suivantes.
Les instruments sont au premier plan, et l’on redécouvre avec plaisir toute la richesse et la diversité acoustique des violoncelles, des guitares et autres instruments trop souvent dissimulés par le chant qui monopolise notre attention dans les compositions traditionnelles. La meilleure illustration est sans doute le titre Grace qui nous offre le meilleur des violoncelles et de la guitare de Tomoyasu Hotei.
Les morceaux instrumentaux font travailler d’avantage notre imagination et chacun interprète ces titres à sa manière. Ainsi Ion me fait la sensation d’une course désespérée d’un fugitif qui tente d’échapper à ses poursuivants. Sur Stroke, Burn ou Peace, les violoncelles sont tellement exposés qu’ils me donnent l’impression de chanter. Ils se substituent ainsi à une voix absente qui aurait de toute façon été inutile. Sur Last Hope, mon attention est retenue par la lutte inégale qui oppose violoncelles et guitare à la batterie de Dave Lombardo, qui n’a pas son pareil pour accélérer une composition.
Les morceaux chantés sont moins imprégnés du style d’Apocalyptica, car la voix de l’interprète prend le dessus sur la musique. Les instruments retrouvent leur statut d’accompagnants. Ces titres sont moins personnels, mais cela ne dévalorise pas pour autant leur intérêt et leur qualité, en atteste le titre I’m Not Jesus avec Corey Taylor. L’accompagnement des violoncelles apporte une nouvelle saveur à l’esprit et au style de Stone Sour. Sur Helden on retrouve bien entendu la lourdeur du style de Rammstein, mais la voix de Till Lindemann est transfigurée par les violoncelles. En revanche j’ai plus de mal avec I Don’t Care, dont la griffe apporté par Adam Gontier sonne trop impersonnelle et trop commerciale à mon goût. Le dernier des morceaux chantés, S.O.S., me convient d’avantage. La voix de Cristina Scabbia est transportée par les violoncelles.
Bien sûr les fans de la première heure, à l’époque des reprises de Metallica et de Slayer seront peut-être déçus par le style qui s’est assagit depuis quelque albums pour mieux s’épanouir et s’affirmer. Même si des titres comme Last Hope ou Urual ne font pas dans le style de musique de chambre.

En conclusion je dirais ceci : cet album est un peu à l’image du film Mulholland Drive de David Lynch, où l’interprétation du film dépend beaucoup de l’imagination et de la perception de chacun. Avec Worlds Collide, ce ne sont pas les images mais la musique qui entraîne votre imagination, mais le résultat est le même et chaque personne va interpréter cet album différemment… Et comme Mulholland Drive certains vont aimer et d’autre vos détester... Faîtes vous votre propre avis sur la question.
 
Alex
 
 
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