« Zion Prophet » est le premier album de Takana Zion, un jeune africain qui s’est dirigé vers le reggae après s’être essayé au rap et au ragga. Agé d’à peine 21 ans, il a su s’entourer du talentueux et fascinant producteur Manjul pour pondre sa première galette. A travers cet opus, on remarque les différents talents de ce jeune prodige, qui peut aller sans problème du nyabinghi au dancehall, du reggae africain au dub, et du français à l’anglais.
Pas besoin de clé pour entrer dans l’univers de Takana. Les treize titres chantés par le Guinéen et les six versions dub de Manjul, regorgent d’énergie et de douceur, donnant à cet album une histoire. Mais sa musique dévoile surtout une partie intime du chanteur, basée sur son identité culturelle riche et diversifiée (on rencontre les langues maternelles de Takana, le Soussou et le Malinké mais aussi le français et l’anglais).
Le style de chant de Takana varie selon la langue utilisée et s’adapte à la perfection avec les riddims de Manjul. «Oh Jah», puissant et si mystique, l’énergique «Zion Prophet», le roots «La Voie De Mount Zion» ou bien le très blues « Sweet Words », prouvent bien que le reggae africain ne se limite pas seulement à Alpha Blondy ou Tiken Jah Fakoly.
On peut croire que Takana Zion n’est pas un prophète à Zion, mais ce qui est sûre c’est que «Zion Prophet» est un album conçu avec le cœur et les tripes, appelant au voyage et à l’amour de son prochain.
Le tandem de choc Takana/Manjul signe avec cet album, un brin d’évasion du reggae africain. Et qui sait, peut-être le billet de départ qui l’emmènera loin de cette bulle « jamaïquaine » de laquelle il a besoin de s’échapper. |