Il faut dire que l’album précédent de HIM, Dark Light, nous avait un peu laissé sur notre faim. On commence à avoir de plus en plus l’impression de pouvoir cerner HIM en n’écoutant qu’un seul de leurs albums. Des chansons aux structures assez basiques : couplet, refrain, couplet, break et puis refrain ; des paroles dans les mêmes et sempiternels champs lexicaux de Ville Valo : amour, malheur et amour encore une fois…
Vous l’aurez remarqué, il est facile de critiquer HIM. Mais leur principal atout est au-delà de la simplicité de leur musique et du sex-appeal de Ville : Ils ont le don des mélodies redoutablement accrocheuses, celles qui peuvent trotter dans la tête de l’auditeur pendant des semaines et ne rien perdre de leur teneur émotionnelle. On se demande alors en mettant Venus Doom dans le lecteur cd si l’inspiration est toujours au rendez-vous, en espérant un brin d’innovation dans les structures des compositions.
Ils avaient annoncé un album plus heavy, et ils n’ont pas menti. Dès la première chanson, Venus Doom, HIM essaie de se démarquer du cliché de « groupe pour minettes » avec une intro tout en testostérone avec des guitares lourdes et saturées et une batterie agressive. On remarque qu’il y a aussi un effort niveau paroles qui n’ont, au passage, bien sûr pas changé de registre, mais qui sont nettement plus élaborées que celles de certaines anciennes chansons (cf. When Love And Death Embrace). On a droit à un break quelque peu déroutant… Très lent, très « doom » rappelant outrageusement Type O Negative surtout pour le fait qu’il survienne après la partie assez accélérée du solo. Avec des structures qu’on a essayé de faire plus complexes et une place bien plus importante réservée à la guitare, Les chansons suivantes resteront dans la lignée de Venus Doom : Love In Cold Blood s’impose comme un classique du genre avec un break tout bonnement magnifique ; un Passion’s Killing Floor agressif aux couplets avec un refrain mélodiquement typique du groupe, et s’il n’y a pas de solo de guitare sur cette chanson, c’est que c’est au tour de la batterie de se mettre en avant maintenant avec une partie limite prog’ sur laquelle HIM répond à ses détracteurs qui jugent leur son généralement assez simpliste ; The Kiss Of Dawn, Dead Lover’s Lane et Bleed Well semblent sorties du même moule Venus Doom avec des riffs plus heavy que d’habitude, des refrains comme seul Valo sait en faire et Lily Lazer qui se donne à cœur joie avec la pédale wah-wah sur des soli nettement plus « speed » pour la joie des puristes metalleux.
Les chansons qui se démarquent sont Sleepwalking Past Hope, et Cyanide Sun. La première est tout simplement ma préférée… Dix bonnes minutes d’exploration musicale sur un titre très progressif aux thèmes musicaux allant du piano mélancolique au break doom très froid avec une voix d’outre-tombe de Ville en passant par la partie « heavy metal » au solo rageur de Lily. La deuxième, qui est la dernière chanson de l’album, est une ballade à la The Path (Love Metal), complètement envoûtante et probablement la plus poétique de ce disque (« We've sailed the seas of grief on a raft built with our tears, looking for a way to disappear for a moment from our deepest fears »).
HIM essaie sur cet album de se renouveler et d’élargir son public bien sûr et ce, en essayant de démentir certaines idées reçues sur eux au niveau de la musique de l’image. En conclusion, on a droit à un très bon album, certes, mais sans plus, il manque l’étincelle, le hit qui fera qu’on s’en rappelle. Cet album ne fera qu’assurer la continuité du groupe, le temps nous dira s’il marquera un nouveau départ pour HIM pour explorer de nouveaux horizons musicaux (comme ils l’ont si bien fait sur Sleepwalking Past Hope) ou bien la perte dans la recherche du nouveau tout en gardant les éléments qui ont fait le succès. |